
Chapitre 1: L’Afrique

Through your soul
Regardez bien. Vous ne voyez pas l’être dans son entièreté mais vous pouvez tout comprendre. Ressentez vous ce que les mots ne peuvent exprimer? Regardez encore un peu. Regardez la vulnérabilité, la fragilité de cet être parmi tant d’autres. Regardez l’impuissance, l’innocence…et le poids du monde qu’il porte. Regardez, vous verrez tant d’histoires qu’il a pu vivre et dont nous sommes les protagonistes. Regardez encore une fois: vous verrez toutes ces choses que les animaux ne peuvent exprimer mais qu’ils ressentent intensément.
Désolation
Perché au sommet d’un arbre mort, isolé, solitaire et recroquevillé comme si une peine pesait sur ses ailes, ce vautour nous offre une scène remplie de tristesse, de morosité. Ressentez vous la peine et les pleurs de cet oiseau? Cet oiseau si mal aimé par les humains. Considéré comme un symbole de la mort, nous oublions qu’il peut aussi en être victime. Cette image nous apprend l’humilité le temps d’un instant. Face au deuil, les différences entre les origines, les espèces, nos natures n’ont que peu d’importance. L’oiseau ne ressent peut-être pas les mêmes émotions que nous mais le deuil est universel.


Éphémère
Je n’ai eu que quelques secondes pour le voir. Quelques secondes se sont écoulées et pourtant le temps paraissait suspendu, ainsi que mon souffle. Quelques secondes côte à côte. Quelques secondes où nous avons partagé le même air, foulé la même terre. Quelques battements de coeur, quelques battements de cils et disparu fut-il. Voilà une métaphore de la vie: nous faisons des rencontres inattendues, certaines aussi futiles que celle-ci mais qui chacune ont un sens et enrichissent notre vie.
La fin des cornes en abondance
Les rhinocéros doivent être protégés 24h/24 au risque d’être chassés et tués pour leur corne qui serait vertueuse. Celui-ci, à l’abri d’un sanctuaire au Botswana, semble s’être réfugié entre des buissons comme par crainte d’être encore en danger. Il semble être conscient du sort de son espèce et de sa vulnérabilité. À l’abri des regards, il laisse aller son chagrin, ses peurs et sa peine.


Amour maternel, amour universel
L’Amour est semblable à un arbre qui a une densité de branches et de feuilles. Il se sépare en plusieurs formes et couleurs et se ramifie en des amours de forces et natures différentes. Nous pouvons aimer une multiplicité d’objets, de mots, des filles, des garçons, des chiens et des lapins. Les branches se divisent et se re divisent. Mais au cœur de ces amours, il y a celui de notre mère, le tout premier, l’originel. Comme l’arbre à nouveau, l’Amour a aussi des racines qui nourrissent le tout. Ces racines ne sont autres que l’amour maternel. Il nous a bercé dès les premiers instants, nous a soutenu et nous a fait grandir. Cet amour s’est propagé et s’est ancré comme des lianes dans le monde humain mais aussi dans le monde animal.
Terres brûlées
Après une journée passée dans la savane riche en émotions et en faune, le soleil se couche et je rentre au campement. Sur le chemin du retour, les animaux se font de plus en plus rares alors que c’est à cette heure-ci qu’il est plus probable d’en voir. Même les impalas, qui se voient d’habitude par centaines, ne sont plus présents. Le paysage devient de plus en plus sec, la terre de plus en plus noire. À certains endroits, de la fumée s’échappe encore: un feu vient de brûler des hectares de savane. J’avance encore et au milieu des cendres et des arbres morts il y a un survivant. Le sol doit être brûlant et rien ne pourra le nourrir ici. Pourtant, il est là. Il est là car c’est son chez-lui, sa maison, son repère.

